Photos, vidéos et réseaux sociaux : protéger les jeunes de votre club en ligne
Photos de compétition, vidéos d'entraînement, groupes WhatsApp, page Facebook du club : le numérique fait partie de la vie de tout club sportif, et c'est une bonne chose. Il sert à célébrer les performances, à promouvoir les activités et à garder tout le monde informé. Ce guide n'a pas pour but de limiter ces usages, mais de s'assurer que les enfants sont protégés contre ceux qui pourraient vouloir prendre ou manipuler des images d'une manière qui pourrait leur être préjudiciable, et que la communication en ligne entre adultes et jeunes reste saine pour tout le monde. Il complète notre boîte à outils en 5 étapes, dont il détaille les directives « promotion et communication ».
Sommaire
- Utiliser les images des jeunes de moins de 18 ans en toute sécurité
- Le consentement des parents et des jeunes
- Les règles de base pour les photos et vidéos
- Communication numérique et réseaux sociaux : les risques
- Comment communiquer avec les jeunes en ligne
- Signaler une préoccupation
- Se protéger de la haine en ligne
- Ressources utiles en Belgique
1. Utiliser les images des jeunes de moins de 18 ans en toute sécurité
Les photos, films et enregistrements vidéo sont d'excellents moyens de promouvoir les événements et les activités d'un club. Ils peuvent être utilisés pour célébrer des performances, promouvoir des activités et tenir les gens informés de ce qui se passe. La question n'est donc pas de savoir s'il faut photographier ou filmer, mais comment le faire en protégeant les enfants. Trois principes structurent l'ensemble : les jeunes et leurs parents sont informés et donnent leur accord, les prises de vue se font dans un cadre sûr, et ce qui est publié ne permet jamais d'identifier ni de mettre en difficulté un enfant.
2. Le consentement des parents et des jeunes
Les enfants et leurs parents ou tuteurs doivent être informés que l'enfant peut parfois être photographié ou filmé lors de sa participation aux activités du club. Les raisons de l'enregistrement peuvent être les suivantes :
- des images vidéo pour le développement des performances ;
- la couverture médiatique d'un événement ou d'une performance ;
- des fins promotionnelles, par exemple pour un site web ou une publication.
Un consentement écrit doit être obtenu des parents ou tuteurs avant que des photos ou vidéos soient prises, par exemple via un formulaire de consentement intégré au dossier d'inscription. Les jeunes de 18 ans et plus donnent leur propre consentement, tant pour apparaître sur les images que pour leur publication.
Exemple de formulaire de consentement (à compléter par un parent ou tuteur)
☐ Je donne mon consentement pour l'utilisation de photos ou vidéos de mon enfant sur le site web du club et dans ses publications imprimées.
☐ Je donne mon consentement pour l'utilisation de photos ou vidéos de mon enfant sur les pages de réseaux sociaux du club.
Nom du parent/tuteur : ______ Signature : ______ Date : ______
Deux cases distinctes plutôt qu'une seule : beaucoup de parents acceptent volontiers une photo de groupe sur le site du club, mais préfèrent que leur enfant n'apparaisse pas sur les réseaux sociaux, où l'image échappe rapidement au contrôle du club. Leur laisser ce choix renforce la confiance.
3. Les règles de base pour les photos et vidéos
Pour minimiser le risque de préjudice aux enfants, quatre règles s'appliquent à toutes les prises de vue et publications du club :
- Jamais de séance en tête-à-tête. L'accès non supervisé ou les séances de photographie ou de vidéo en tête-à-tête avec des mineurs ne sont pas autorisés. Au moins un membre de l'encadrement ou les parents ou tuteurs de l'enfant sont présents lors de chaque séance individuelle.
- Jamais dans les espaces intimes. Il n'est pas permis de photographier ou de filmer dans les vestiaires, les salles de bains ou les chambres (lors des stages et déplacements avec nuitée).
- Jamais d'informations permettant d'identifier un enfant. Les informations publiées sur le site web ou les réseaux sociaux ne contiennent jamais de données personnelles détaillées qui pourraient identifier un enfant : adresse personnelle, adresse e-mail, numéro de téléphone.
- Jamais d'image dégradante. Les enfants ne sont jamais représentés de manière dénigrante, de mauvais goût ou provocante. Toutes les personnes représentées sont vêtues de manière appropriée, au minimum une tenue de sport complète.
4. Communication numérique et réseaux sociaux : les risques
Il existe de nombreuses façons de partager des informations et de communiquer via les technologies de l'information et de la communication et les réseaux sociaux. Leur utilisation abusive peut toutefois exposer les enfants à des risques considérables, et les adultes à des situations délicates.
Pour les enfants, les risques comprennent :
- l'accès inapproprié à leurs données personnelles, leur utilisation ou leur partage ;
- le contact non désiré avec des adultes aux intentions malveillantes ou douteuses ;
- la réception de matériel offensant ou autrement inapproprié ;
- le cyberharcèlement ;
- le grooming en vue d'abus sexuels (voir la définition dans notre article sur la politique de sauvegarde).
Pour les adultes, les risques comprennent :
une mauvaise interprétation de leur communication avec les enfants, qui peut conduire à d'éventuelles enquêtes (internes, disciplinaires ou par les autorités) et à d'éventuelles mesures disciplinaires. Un entraîneur qui échange en privé avec un jeune, même avec les meilleures intentions, se met lui-même en difficulté.
En règle générale, les adultes ne s'engagent jamais dans une utilisation inappropriée des réseaux sociaux. Cela inclut envoyer des messages directs aux enfants et publier des commentaires qui pourraient mettre en danger le bien-être d'un enfant, lui nuire ou nuire à la réputation du club.
5. Comment communiquer avec les jeunes en ligne
Le principe général est simple : toute communication passe, si possible, par les parents ou tuteurs. Si ce n'est pas possible, le club demande l'autorisation des parents ou tuteurs et de l'enfant, privilégie l'e-mail plutôt que les messages instantanés, et inclut au moins deux adultes dans la communication. Concrètement, pour un club, cela signifie par exemple : un groupe de discussion créé avec les parents (et non avec les jeunes seuls), administré par deux encadrants, avec des règles de publication connues de tous ; et des informations pratiques (horaires, déplacements) diffusées par les canaux officiels du club plutôt que par des conversations privées.
6. Signaler une préoccupation
Si l'utilisation d'une image ou des informations associées semble inappropriée à tout moment, l'abus est signalé au responsable de la sauvegarde du club. Toute personne se comportant d'une manière qui pourrait raisonnablement être considérée comme inappropriée en ce qui concerne la prise de photos ou de vidéos d'enfants ou l'utilisation des réseaux sociaux doit être signalée. Le cas échéant, les préoccupations sont également signalées à la police. Comme pour toute préoccupation en matière de sauvegarde, il n'appartient pas à celui qui signale de juger de la gravité : c'est le fait de signaler qui compte.
7. Se protéger de la haine en ligne
Un autre aspect important est la protection des sportifs contre le harcèlement en ligne et les propos haineux. En réfléchissant soigneusement à ce qui est publié sur les réseaux sociaux, les sportifs peuvent se protéger contre les commentaires négatifs et les interactions blessantes. Les clubs jouent un rôle important en adoptant une politique proactive et en apprenant à leurs membres comment se protéger en ligne, notamment en utilisant les paramètres de confidentialité et en évitant de partager des informations sensibles.
Quelques conseils pour protéger un compte en ligne :
- limiter les interactions non désirées en choisissant soi-même qui peut réagir à son contenu ;
- activer un filtre de langage pour supprimer automatiquement les commentaires offensants ;
- bloquer les comptes qui publient de manière répétée des commentaires offensants ou négatifs.
D'autres directives pour sécuriser les comptes se trouvent dans le guide de sécurité Facebook et Instagram.
Si un sportif, un parent ou un membre du club rencontre des propos haineux, du harcèlement ou des déclarations discriminatoires en ligne, il est important de le signaler immédiatement, d'abord au club, afin qu'il puisse documenter l'incident et aider à prendre d'autres mesures. Un signalement rapide permet de traiter la situation avant qu'elle ne s'aggrave. Le club n'a pas de compétence directe pour faire retirer un contenu ou poursuivre un auteur ; en revanche, il peut orienter vers les organismes compétents, et un signalement peut aussi être fait directement à la police.
8. Ressources utiles en Belgique
Plusieurs organismes belges répondent aux questions que se posent les clubs et les familles : que faire quand on est victime de discours de haine en ligne, où le signaler, ce qui se passe ensuite, et ce qu'un club peut faire pour limiter ces comportements.
- Unia, dossier cyberhaine : le centre interfédéral pour l'égalité des chances explique comment gérer les discours de haine en ligne et permet de signaler une discrimination ou un message haineux.
- Police fédérale, dénoncer un message d'incitation à la haine : la marche à suivre pour un signalement à la police.
- Child Focus : pour toute situation impliquant un mineur en ligne (cyberharcèlement, contact avec un adulte malveillant, sextorsion), avec une ligne d'aide gratuite au 116 000, disponible jour et nuit.
Les fédérations sportives, notamment dans le football belge, partagent également des ressources et des procédures de signalement spécifiques à leur discipline sur le discours de haine en ligne ; les clubs affiliés ont intérêt à consulter celles de leur propre fédération.
Une bonne pratique pour votre club : reprendre ces trois adresses, avec la personne de contact du club, sur une affiche dans le hall d'accueil et dans le mail de rentrée aux parents. C'est exactement ce que mesure la section « soutien et ressources » de notre auto-diagnostic gratuit.
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